Débat Ségolène Royal Nicolas Sarkosy en vidéo 4/9
«On ne veut pas de TF1. C’est des vendus. Mettez-nous France 2.». Même
MTV retransmet LE débat. Chez O Jules, brasserie branchouillette place
d’Italie, les jeunes UDF du XIII e arrondissement sont venus regarder
sur grand écran le débat. Un peu comme on mate la finale de la
Champions league lorsque son club est passé à la trappe. Une vingtaine
d’ultras du FC Bayrou qui doivent encore se décider «entre Ségolène et
l’abstention. Ici, vous ne trouverez pas un Sarkoziste, assure
Quitterie Delmas, petite cousine de Dominique de Villepin, mais
candidate du futur «parti démocrate» dans cette circonscription
populaire. Un autre François décompte les troupes: «Trois quarts pour
Royal et un quart d’indécis».
Tirage au sort, Nicolas Sarkozy doit commencer. «Il est plus bronzé que
spontané, avance Serge. Ils sont drôles tous les deux, ils baissent les
yeux.» Sarkozy veut limiter la fonction présidentielle à deux mandats.
«Oulala ça va être long, s’amuse Quitterie. Il n’avait pas dit un et
j’arrête?» Serge regarde la chemise de Ségolène Royal. «Fallait oser un
col mao quand même.» La candidate interpelle Sarkozy sur son bilan Ã
l’intérieur: «Ah les hostilités commencent.» se réjouit Arnold. «Ça
fait cinq minutes qu’il parle et il a déjà dit quatre fois «vous avez
raison». poursuit Serge.
Diminution
de la dette, donc diminution des fonctionnaires, donc viol d’une agente
lundi. Un raccourci «ségolien» qui énerve Serge. «Elle est mauvaise.
Elle essaie de faire un référendum anti-Sarko». Nicolas Sarkozy
interpelle «Madame… «Ah Madame! ça y est, elle s’est mariée», sourit
Quitterie. Délinquance sexuelle: «Rien de génétique» pique Royal. Eclat
de rire général. Virginie: «Elle doit continuer à l’attaquer. C’est sa
seule chance. Elle est trop maîtresse d’école.»
Arrive
l’économie. «T’as noté, ce qu’elle dit, se réjouit Serge, c’est le
small business act proposé par Bayrou». «Je trouve super qu’elle soit
la première à parler croissance. Elle a bien évolué sur ce domaine.»
ajoute Quitterie. Applaudissements. «Aïe, Sarkozy s’attaque aux 35
heures s’étonne Arnold. C’est courageux mais dangereux.» François juge
le débit ralenti de la candidate: «A chaque fois qu’elle parle, ma
grand-mère est très contente. C’est la seule politicienne qu’elle
arrive à comprendre.»
Redéploiement des
fonctionnaires: Sarkozy assure que c’est impossible. «Si vous ne pouvez
pas le faire pourquoi voulez-vous accéder aux responsabilités?» envoie
Royal. C’est la ola. «Elle le bouscule, assure Romain, il n’ose pas la
regarder en face.» Place aux 35 heures. Sarkozy veut en faire un
minimum. Ségolène veut négocier avec les partenaires sociaux. «Elle est
nettement moins rigide sur ce sujet, avance Serge. Même si elle se
plante un peu sur les heures supplémentaires. Rayon chiffres, Ségolène
pêche encore…» Avant les prolongations, l’indécis Arnold a choisi son
bulletin: «Ségolène Royal est restée de marbre. Elle l’a déstabilisée.
Elle a gagné. Je voterai pour elle.» L’environnement achève de
convaincre les jeunes pousses bayroutistes: Chez O Jules, la tournée
est sociale-démocrate.
» Verbatim
PHRASES MARQUANTES:
Nicolas Sarkozy: «Le problème de la France c’est qu’on
paie trop d’impôts.» «Je propose qu’on taxe les importations.» «Le
nucléaire est une énergie propre.»
Ségolène Royal: «La réforme de la loi Fillon a créé une injustice vis-à -vis des femmes.»
«La première des sécurités, c’est la sécurité des salaires.» (Avec vous) «Tout est possible, même le pire.»
MEILLEURS ÉCHANGES
S. R.: «Je veux être la présidente de ce qui marche.»
N. S.: «Eh bien moi, je veux être le président qui fera marcher ce qui ne marche pas.»
N. S.: «Laissez les gagner davantage d’argent s’ils veulent travailler plus!»
S. R.: «Les heures supplémentaires sont possibles. Or,
cette possibilité-là n’est pas utilisée. Pourquoi? Parce qu’ils ne
veulent pas forcément travailler plus. Moi je propose au contraire de
donner de l’emploi à ceux qui n’en ont pas.»
N. S.: «Je vais pouvoir terminer?» S. R.: «Non!»
N. S.: «Ah bon, d’accord…»